Bien qu'il soit désormais à la charge de ceux qu'il entretenait auparavant, l'homme insensé n'éprouve toujours pas d'aversion pour la vie au foyer. Déformé par la vieillesse, il se prépare à rencontrer la mort ultime.
Il reste ainsi au foyer comme un chien domestique, et se nourrit de ce qu'on lui donne négligemment. Diminué par de nombreux dérèglements, comme la dyspepsie et la perte d'appétit, il n'ingurgite que de bien petites portions de nourriture, et devient complètement invalide, désormais incapable du moindre travail.
Ainsi atteint par la maladie, il a les yeux exorbités sous la pression de l'air venant de l'intérieur de son corps et ses glandes se chargent de mucus. Il respire à grand mal, et avec chaque respiration, un râlement s'échappe de sa gorge : « ghura-ghura ».
Il tombe ainsi sous les griffes de la mort et gît entouré de ses proches et amis qui se répandent en lamentations ; et bien qu'il désire leur adresser la parole, il en est incapable, car le temps s'est emparé de lui.
Cet homme, qui s'est employé à entretenir sa famille sans aucune maîtrise de ses sens, meurt enfin en grande douleur et en voyant ses proches pleurer autour de lui. Il meurt de la façon la plus pathétique, accablé de souffrances et privé de conscience.
Sa dernière heure venue, il aperçoit les envoyés du seigneur de la mort venant vers lui, leurs yeux injectés de colère. Envahi par la peur, il urine et défèque.
Tout comme un criminel est arrêté par la force publique pour subir sa peine, l'homme qui s'est livré de façon criminelle au plaisir des sens est saisi par les Yamadutas (les agents de Yamaraja, le seigneur de la mort et juge des êtres coupables), qui l'attachent par le cou avec des cordes solides et recouvrent son corps subtil (son corps éthéré) pour lui faire subir un châtiment sévère.
Tandis que l'emmènent les agents de Yamaraja, il tremble entre leurs mains, saisi d'effroi. Tout au long du chemin qu'il parcourt, des chiens le mordent, et il se rappelle alors les fautes de sa vie. Il connaît ainsi une terrible détresse.
Sous un soleil ardent, le malfaiteur doit parcourir des chemins de sable brûlant traversant des forêts embrasées. Ses bourreaux lui fouettent le dos lorsqu'il ne peut plus marcher ; la faim et la soif l'accablent, mais par malheur, ce chemin n'offre ni eau, ni abri ou lieu de repos.
Le long de cette route qui le conduit à la demeure de Yamaraja, il tombe souvent de fatigue, et parfois sombre dans l'inconscience, mais on le force à se relever. Ainsi se trouve-t-il rapidement amené en présence de Yamaraja.
Il doit franchir ainsi quatre-vingt-dix-neuf mille (99.000) yojanas (environ 1.287.000 km) en deux ou trois instants, après quoi il est aussitôt soumis aux tortures qu'il mérite.