Ceux qui cherchent à satisfaire leur concupiscence, s’ils n’y parviennent pas, surviennent alors la colère et l’avidité. Voilà pourquoi l’être humain sain d’esprit, qui ne veut pas chuter dans les espèces démoniaques, doit essayer de se défaire de ces trois poisons ou ennemis, capables de fourvoyer l’âme, de la plonger dans le trouble et l’illusion, au point de lui ôter toute chance de se libérer des pièges de l’existence matérielle, et comme le dit le Seigneur, de la conduire à sa perte.
Quand l’âme entre en contact avec la création matérielle, son amour pour Krishna se transforme sous l’influence de l’illusion en concupiscence. Inassouvie, cette dernière se transforme en colère, et la colère en illusion, par laquelle nous demeurons prisonniers de l’existence matérielle. La concupiscence est donc bien le plus grand ennemi de l’être spirituel incarné.
C’est elle qui garde l’âme pure prisonnière de la matière.
Les êtres spirituels ont en ce monde matériel une infime indépendance. Mais parce qu’ils l’ont mal utilisée et parce qu’ils ont transformé leur attitude dévotieuse en désir de jouissance matérielle, ils sont tombés sous l’emprise de la concupiscence. Le monde matériel a été créé par le Seigneur pour permettre aux âmes conditionnées de satisfaire leurs désirs lubriques ou charnels, et après une suite interminable d’efforts vains et frustrants, l’être humain commence à s’interroger sur sa nature véritable.
Tant que nous n’aurons pas contrôlé cette concupiscence, nous devrons mourir et renaître sans cesse. Que ce soit pour le sexe, la langue, les oreilles, les yeux ou le touché, nos sens nous attirent vers la mort. Tant que nous voudrons jouir de ceux-ci, nous devrons rester en ce monde et connaître la mort, vie après vie.


