Parce que rien ne peut exister hors de Lui, il faut admettre que l’énergie illusoire est bel et bien une énergie du Seigneur. On désigne par énergie d’union, le juste concept grâce auquel on voit toutes choses en relation avec le Seigneur, quand son énergie d’illusion se caractérise par le fait de considérer une chose indépendamment de sa relation avec le Seigneur.
Or, parce que rien ne peut exister indépendamment ou séparément de Lui, ces deux mayas sont forcément liées à Dieu, à sa Personne. Cependant, le concept erroné qui consiste à dissocier du Seigneur ce qui n’existe qu’en relation avec sa Personne n’est pas faux, mais illusoire.
On qualifie d’illusion le fait de prendre une chose pour une autre. Par exemple confondre une corde et un serpent relève de l’illusion, mais la corde n’en est pas fausse pour autant. La personne sujette à l’illusion a bel et bien une corde devant elle, mais la vision qu’elle en a est illusoire. D’ailleurs le concept erroné qui fait voir la manifestation matérielle séparée de l’énergie du Seigneur relève de l’illusion, mais cette manifestation matérielle n’est pas fausse.
Ce concept illusoire correspond à un reflet de la réalité apparaissant dans les ténèbres de l’ignorance. Ainsi qualifiera-t-on de, maya, tout ce qui semble ne pas être produit par l’énergie d’union de Dieu.
Croire que l’être distinct ou le Seigneur n’ont pas de forme, voilà également qui relève de l’illusion.
Se trouvant sur le champ de bataille de Kuruksétra, au milieu de deux armées qui s’affrontaient, le Seigneur déclare qu’Arjuna, son disciple et pur dévot, et tous les combattants assemblés là, ainsi que Lui-même, existaient dans le passé, qu’ils existent dans le présent, et que dans le futur également, ils seront toujours des individus distincts les uns des autres, même lorsque sera anéanti leur corps et qu’ils seront libérés de l’asservissement à l’existence matérielle.
Le Seigneur et les êtres créés demeurent à jamais des personnes distinctes. Ils ne peuvent en aucun cas perdre cette nature personnelle. Mais seule peut disparaître plutôt, par la miséricorde du Seigneur, l’influence de l’énergie illusoire, ce reflet de lumière dans l’obscurité.
L’être distinct ne jouit pas d’une réelle indépendance, mais seulement d’un reflet de l’indépendance propre à Krishna, l’Être Suprême. Aussi, l’âme conditionnée par la matière et l’énergie illusoire, qui prétend à l’indépendance suprême se trouve placée sous l’emprise de l’illusion. Cette illusion frappe les êtres dotés d’un pauvre fond de connaissance. On voit ainsi le reflet miroitant du soleil, de la lune, du feu et de l’électricité éblouir les prétendus savants, médecins, empiristes et autres, qui vont jusqu’à nier l’existence du Seigneur Suprême, tout en avançant leurs nombreuses théories et spéculations sur la création, le maintien et l’anéantissement de la manifestation matérielle.
Le médecin peut bien nier l’existence de l’âme dans le corps de l’être distinct, mais il reste incapable de ramener un cadavre à la vie, bien que tous les mécanismes du corps continuent d’exister après la mort.


